Hygiène & propreté
Santé

Comment réduire et valoriser les DASRI en milieu hospitalier ?

De nombreux déchets sont produits tous les jours dans les établissements de santé. Parmi lesquels des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) qui s’avèrent être les plus délicats à traiter. Comme l’ensemble des déchets, ces DASRI ont augmenté depuis la crise liée à la Covid-19. Se pose alors la question de leur réduction et valorisation qui s’inscrit pleinement dans une logique RSE. Mais que sont précisément les DASRI, et comment optimiser leur gestion ?

Les différentes catégories de déchets à traiter en milieu hospitalier

Dans les établissements de santé, les déchets issus des activités de soins (DAS) peuvent être classés en plusieurs familles :

  1. des déchets ménagers et assimilés (DMA) pouvant être recyclés : le papier, le carton, le verre, le bois ou encore les textiles ;
  2. des déchets à risques chimiques et toxiques (DRCT), radioactifs ou infectieux ;
  3. des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) de type écrans ou dispositifs médicaux non implantés.

Avec 170 000 tonnes de déchets par an pris en charge en milieu hospitalier, le traitement des déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés (DASRI) est un véritable défi pour le secteur. En particulier pour des questions d’hygiène et de lutte contre les infections.

Qu’entend-on par DASRI ? Définition

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) sont issus des activités de médecine humaine et vétérinaire. Ils concernent donc les structures de soins, comme les cabinets dentaires et médicaux, les laboratoires, ou encore les hôpitaux.
Selon le code de la santé (article R.1335-1), les DASRI sont des déchets qui :

  • présentent un risque infectieux car ils contiennent des micro-organismes viables ou leurs toxines,
  • et qui relèvent de l’une des catégories suivantes :
    • matériels et matériaux piquants ou coupants destinés à l'abandon, qu'ils aient été ou non en contact avec un produit biologique ;
    • produits sanguins à usage thérapeutique incomplètement utilisés, ou arrivés à péremption ;
    • déchets anatomiques humains, correspondant à des fragments humains non aisément identifiables.
Un stockage très réglementé

Les DASRI ne doivent en aucun cas être mélangés avec les ordures ménagères. De ce fait, leur stockage s’effectue dans des contenants jaunes adaptés aux risques, c’est-à-dire :

  • en boîtes et collecteurs pour les déchets perforants (Norme NF X 30-500) ;
  • en fûts et jerricanes plastiques pour les DASRI (Norme NF X 30-505) ;
  • dans des sacs pour les DAS mous à risques infectieux (Norme NF X 30-501).
     

Gestion des DASRI : les enjeux

La gestion des DASRI en milieu hospitalier a pour objectif prioritaire de protéger le personnel de santé. C’est un gros enjeu RSE lié aux conditions de travail et à la santé des employés.
Il convient également d’éviter que les DASRI rejoignent le circuit de collecte des ordures ménagères. Ce qui risquerait d’exposer à des contaminations les personnels de ramassage des déchets, et des centres de tri.

Réduction et valorisation des déchets hospitaliers : une démarche vertueuse

En milieu hospitalier, le tri des déchets d’activités de soins s’articule autour de plusieurs objectifs. Il s’agit de respecter les règles d’hygiène et assurer la sécurité des personnes, tout en s’inscrivant dans une démarche économique et écologique.

Mieux trier les déchets en vue de leur valorisation

Chaque déchet doit être affecté à la bonne filière de traitement afin de pouvoir être valorisé : par incinération pour le verre, le papier et le carton, ou encore par recyclage. Pour valoriser au mieux les déchets, il est donc primordial de veiller au tri des déchets, et de le rendre optimal.

Mesurer les déchets et sensibiliser les équipes

Avant enlèvement, il serait judicieux de peser les différentes catégories de déchets. En ayant une bonne traçabilité des déchets au niveau de la collecte, il est possible de détecter là où les volumes sont les plus importants afin de pouvoir sensibiliser les équipes.
🔎  À lire aussi : tout savoir sur le principe du bionettoyage.

Le traitement spécifique des DASRI

En quelques chiffres :

Dans les établissements de santé, les DASRI représentent environ 15 à 20 % des déchets, en augmentation toutefois depuis la crise Covid et le développement des équipements à usage unique. Par ailleurs, leur traitement est 5 à 10 fois plus onéreux que celui d’un déchet ménager.

Pour éliminer les DASRI, le code de la santé publique autorise deux techniques :

  1. le traitement par incinération ;
  2. le prétraitement par des appareils de désinfection validés par le Conseil supérieur de l’hygiène publique de France, avant incinération.

Comment limiter les dépenses ?

La réduction des dépenses liées à la gestion des déchets est-elle possible ? Le Centre Hospitalier de Douai s’est prêté à une expérimentation dans ce domaine. Et la réponse est oui ! À Douai, les équipes hospitalières ont effectivement réussi à optimiser le tri des déchets et réduire les coûts de collecte. Comment ? En adaptant la taille des contenants aux besoins réels du centre hospitalier afin d’éviter des collectes aux 2/3 vides.

Pour réduire les coûts liés au traitement des DASRI, il est primordial de mesurer les volumes de déchets collectés et de sensibiliser les équipes afin de pouvoir optimiser le tri. Un chariot de bionettoyage adapté et un outil de pilotage des déchets comme Trapèse peuvent vous aider à estimer vos déchets et récolter les données par zone de collecte.

Vous voulez vous engager dans une démarche de réduction des coûts liés aux déchets en milieu hospitalier ?

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